Roissy-sur-Mer

L’aéroport de Paris Charles-de-Gaulle, avec ses 65 millions de passagers annuels, peut se vanter d’occuper la seconde place du classement européen des aéroports, derrière celui de Londres Heathrow, et ses 75 millions de passagers. Cette plateforme est par ailleurs, rappelons le, classée à la première place européenne en terme de fret aérien.

Mais il y a un autre domaine, beaucoup plus inattendu, dans lequel l’aéroport de Paris CDG se classe également en première position européenne : celui du plus gros aéroport côtier.

L’affirmation peut faire sourire, et n’allez pas chercher un quelconque estuaire de la mer du Nord qui descendrait jusque dans le Val d’Oise.

L’explication se trouve au niveau des textes qui réglementent les normes techniques applicables aux moyens de secours sur les aérodromes (que l’on appelle SSLIA). En effet, dans l’arrêté du 18 janvier 2007 (modifié), article 3, sont définis les moyens à mettre en œuvre sur les aérodromes dits « côtiers ».  Cliquez pour visualiser l’arrêté.

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Article 3 de l’arrêté du 18 janvier 2007 modifié.

Cet article explique par ailleurs ce qu’est un aérodrome côtier, à savoir un aérodrome dont toute ou partie des arrivées et départs d’aéronefs s’effectue au dessus d’une étendue d’eau, dans la limite de 1200m au-delà des seuils de pistes.

En clair, un aérodrome est côtier si une étendue d’eau significative se trouve dans l’axe de ses pistes, dans la limite des 1200m.

Il s’avère que c’est justement le cas sur l’aéroport de Paris-CDG, puisqu’un bassin dit « Bassin des Renardières » se trouve à proximité des seuils des pistes du doublet sud, à l’est de ceux-ci. Ce bassin de rétention, d’une capacité de 1,3 millions de M 3, dont le niveau d’eau fluctue fortement en fonction des périodes de l’année, a été considéré comme assez important pour nécessiter sa prise en compte par le SSLIA.

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Extrémité Est du doublet sud de Paris-CDG.

C’est pour cette raison que dans l’information aéronautique (AIP) vous trouverez la description des moyens nautiques disponibles sur l’aéroport de Paris-CDG.

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AIP (SIA)

Dans le cas fortement improbable où un aéronef terminerait sa course dans ce bassin, les pompiers de l’aéroport disposeraient donc des moyens nautiques pour secourir les passagers.

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Le bassin des Renardières.

Faisant ainsi de Paris-CDG le premier aéroport côtier d’Europe !

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Mitch dit :

    « Dans le cas fortement improbable où un aéronef terminerait sa course dans ce bassin, les pompiers de l’aéroport disposeraient donc des moyens nautiques pour secourir les passagers. »

    Le cas s’est malheureusement déjà produit, en 1993 : Dash-8 Lufthansa D-BEAT https://www.bea.aero/docspa/1993/d-at930106p/pdf/d-at930106p.pdf

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  2. Silias31 dit :

    Commentaire assez pertinent de MITCH.
    Et n’allez pas consulter la page 22 du rapport sur cet accident intervenu vraisemblablement avant la création du bassin des Renardières.
    « L’épave se trouvant dans une dépression, il a d’abord été difficile de le repérer et ensuite IMPOSSIBLE d’accèder à proximité avec les véhicules de secours.
    Elle a été découverte 35 minutes après l’accident et les secours ont pu l’atteindre 10 minutes après. »

    Vraiment, quelle idée de se préoccuper de la capacité d’intervention des secours dans cette zone située à moins de 1000 mètres des seuils de piste. (tel que requis par l’OACI).

    Le terme côtier est donc peut-être bien inapproprié, mais sur le principe, je ne vois pas en quoi il est choquant de se préparer à un accident dans cette zone.

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